TRAITEMENT MEDICAL DE L’ARTHROSE DU GENOU

Date de dernière modification de la page : 14/11/1998

Jean Pierre Pourdieu (rhumatologue)

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Ne disposant actuellement d’aucun traitement préventif de la destruction cartilagineuse, le clinicien a pour objectif immédiat, après bilan fonctionnel et radiographique très soigneux, avec un suivi régulier, de soulager rapidement les gonalgies, de réduire les manifestations inflammatoires , et de limiter la gêne fonctionnelle.

D’emblée, il faut expliquer au malade l’importance des mesures d’hygièno-physiques essentielles et, notamment, la réduction d’une surcharge pondérale et le port de semelles orthopédiques destinées à réduire une hyperpression sur une déviation en valgus, et surtout en varus par un simple coin pronateur.

 

Le traitement médical, proprement dit, doit être adapté à la symptômatologie :

Lors des «Poussées Congestives d’Arthrose » PCA , ( avec épanchements ++ ) :

* association d’analgésiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens AINS ( sous couvert éventuel de gastro-protection )

* si possible, mise en décharge avec marche, à l’aide de deux cannes béquilles pendant une durée de 2 à 8 semaines,

* ponction évacuatrice suivie d’une infiltration d’un cortisonique,

* lavage articulaire complet, associé également à une injection de corticoïde, à pratiquer en milieu hospitalier, méthode dont l’efficacité et la rémanence de l’effet positif semblent très importantes.

 

Dans les formes d’évolution spontanément lente, ou après sédation de la PCA :

* en dehors de l’utilisation des antalgiques, et des AINS, selon les douleurs,

* la kinésithérapie, très utile pour réduire un flessum par posture douce du genou en extension et pour réaliser une rééducation isométrique contre résistance du quadriceps, notamment en « course interne », dans le cas d’un syndrôme fémoro-patellaire par sub-luxation rotulienne ; cette kinésithérapie étant le plus souvent, associée à une électrothérapie ( ondes ultra-courtes, courants de basse ou moyenne fréquences, ultra-sons ).

* il a été également proposé, dans le cadre des alternatives thérapeutiques :

- la technique du courant pulsé électromagnétique (PST ) destinée à activer le métabolisme du chondrocyte avec amélioration de l’hydratation du cartilage,

- les injections d’acide hyaluronique,

- et les injections d’Hylanes exerçant un effet protecteur par un phénomène purement physique directement relié à l’élastoviscosité du produit.

 

A l’heure actuelle, on ne dispose donc d’aucun traitement structuro-modulateur et il faut signaler certaines tentatives de greffe du cartilage ou de thérapie génique mais on peut penser que les futurs structuro-modulateurs appartiendront à la classe des « Anti-Arthrosiques Symptômatiques d’Action Lente » ( AASAL ) ; en effet, certains types de molécules ( par exemple les insaponifiables d’avocat, la diacérhéine, ou la chondroïtine-sulfate ) ont obtenu des effets symptômatiques intéressants à long terme avec une bonne rémanence à l’arrêt du traitement, résultats faisant l’objet, dorénavant, d’une reconnaissance scientifique.